U.F.A.S - Union Française des Aides-Soignants

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La réorganisation du métier et de la formation d'aide-soignant : de nouvelles compétences abordées amènent des débats houleux !

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La réorganisation du métier et de la formation d'aide-soignant : de nouvelles compétences abordées amènent des débats houleux !

 

Depuis mai 2015 un groupe de travail se réunit au ministère de la santé sous la « houlette » de Pilar Verdoncq, Conseillère technique pour l'exercice des professions paramédicales.

Cette réorganisation, appelée réingénierie du métier et de la formation des aides-soignants, nous semblait être une opportunité pour revoir ses contours et ainsi, permettre à ces professionnels de répondre aux besoins en soins de la population en toute légalité.

Cependant, certaines organisations d'infirmiers (principalement libéraux), s'insurgent contre l'élargissement des actes que pourraient réaliser les aides-soignants, notamment le test de la glycémie capillaire, pourtant déjà mis en pratique par ces professionnels dans de très nombreux services de soins et dans les institutions d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Si nous pouvons comprendre la position de ces organisations d'infirmiers libéraux qui craignent se voir déposséder de certains actes qui sont source de revenus, nous sommes attristés par la position des syndicats FO et CGT qui s'opposent également à toute évolution en ce sens. On peut se demander quel souci ils portent tous aux besoins de la population ?

Gérard Rémir, Vice-président de l'UFAS a souhaité réagir au courrier adressé à Pilar Verdoncq et à l'ensemble du groupe par Gislaine Sicre, Présidente de Convergence Infirmière et intitulé : « Les infirmiers ne souhaitent pas que les aides-soignants puissent réaliser les glycémies capillaires. »

Des articles sur le sujet sont parus sur les sites Internet ActuSoins et Infirmier.com.


Lire la réponse de Gérard Rémir:

 

"Madame la Présidente,

Vous vous êtes diablement trompée sur la sensibilité que j'éprouve sur le sujet ; mon grand père est mort du diabète. Actuellement, une tante, une cousine ainsi que mon frère aîné souffrent de cette pathologie.

Dans votre récit il me semble avoir perçu des aspects partisans dans lequel vous semblez vouloir dire que l'identité de soignant ne peut se construire qu'au sein de votre communauté dans lequel on trouve les règles de droit, la juste analyse, la dignité, la capacité, l'épanouissement. Cela est très bien, mais pas suffisant. Une communauté de professionnels doit aussi se libérer du moule de la culture du savoir dominant ; elle doit partager. Elle doit également respecter les autres, les faire respecter et ne doit pas mettre en avant la nécessité de protéger son savoir, sa formation, contre des menaces de disparation. Je peux dire mieux « Pourquoi ne pas devenir tous infirmiers ?» Ce serait une belle évolution, une révolution, un avantage extraordinaire pour les patients de France et de Navarre.

Supprimer le métier d'aide-soignant pour une seule profession d'infirmier au service des patients ferait que l'ensemble des « tâches » afférents aux soins serait dédié à un même professionnel. Cela se traduirait par moins d'attente pour le patient qui actionnent le bouton d'appel pour retirer un bassin ou même vouloir aller aux toilettes, réclamer à boire, récupérer un mouchoir tombé... Cela se traduirait aussi par des toilettes de qualité, un bio nettoyage et des désinfections appliqués... Enfin, fini les bonnes raisons pour échapper à ce que l'on qualifie de « sale boulot » mais aussi, la fin du sempiternel glissement de tâches... Il n'est pas illégal de glisser dans les rêves !!!

Pour ce qui est du glissement de tâches, je pense que la faute n'incombe pas seulement aux directions, mais elle est aussi celle des bons adeptes infirmiers. Beaucoup ont transmis de leur savoir et de leurs pratiques aux aides-soignants ; ils ont participé à leur apprentissage en catimini ou en réunion. Etait-ce immoral en ce temps-là ? La carence en personnel et les opérations comptables n'étaient pourtant pas les mêmes qu'aujourd'hui dans les grands CH, CHU ou à l'APHP.

Madame, vous ne semblez pas connaître l'évolution des besoins en soins de la société actuelle et l'évolution des pratiques qui en découlent et vont devoir se transformer. Le train est déjà en marche pour les infirmières, voire d'autres professions...

Dans votre courrier, vous osez dire, que les professionnels (les aides-soignants), veulent s'attribuer des compétences qu'ils exercent aujourd'hui dans l'illégalité et souhaitent les acquérir dans un référentiel comme on ferait son « marché du dimanche matin ! »

Sachez, Madame, que ces professionnels ne veulent pas s'accaparer des actes infirmiers pour le plaisir, mais bien pour légaliser ce qui leur est demandé de faire, du fait de la multitude de nouveaux besoins de la société. Surtout ne l'oubliez pas !

« Faire ajouter des compétences dans le référentiel métier et formation de l'aide-soignant ne peut être de votre seule instrumentalisation... »

Pour revenir sur votre expression « marché du dimanche», savez-vous que cette appellation marché n'est autre qu'une construction sociale que des travaux d'historiens ont démontré et que, dans notre société moderne, on distingue différentes catégories de marché selon la nature de leur objet. Il existe le marché des biens et services où la confrontation de l'offre et de la demande se traduit par des prix, par exemple : les marchés financiers que l'on trouve çà et là au cœur du consortium des mannes financières bien connues et protégées par des représentants d'intérêts qui influencent les décideurs publics dans le processus législatif d'un pays. Dans le même mouvement, des textes sont modelés afin qu'ils gardent leur sens sur le fond et sur la forme malgré la modification de leurs contours. Ceci n'est un secret pour personne ! Ainsi, la caricature que vous faites du marché et encore plus des aides-soignants manque cruellement de tact.

Dans votre conclusion vous écrivez que Convergence infirmière est favorable à l'amélioration de la formation des aides-soignants ; permettez-moi d'en douter. Ceci étant, contrairement à vos points de vue, on relève aujourd'hui dans les esprits et attitudes de certains sociologues, dans les mémoires d'étudiants infirmiers et dans les pôles de communications d'organismes syndicaux, l'évangélisation pour une vraie et pure évolution du métier d'aide-soignant. C'est une erreur de croire nécessairement faux ce qu'on ne comprend pas. Le pouvoir absolu n'excite pas. L'idée d'évolution donne toujours le frisson à ceux qui préfèrent le conservatisme, l'immobilisme.

Malgré tout, les besoins en soins de la population sont là et il faut y répondre. L'évolution des actes de soins n'est pas seulement tournée vers les aides-soignants, mais concerne bien d'autres professions, dont la vôtre ; ça aussi, vous le savez fort bien.

Malheureusement, nous constatons que les organismes syndicaux, FO et CGT, font comme vous, objection au principe de former les aides-soignants aux tests de glycémie. Pourtant, comme vous, ils connaissent les besoins et les attentes des populations et ils connaissent parfaitement les problèmes d'exercice auxquels sont confrontés les aides-soignants ; j'ai du mal à accepter.

En définitive, si le discernement, l'esprit de justice et le courage existent, il semble que chez vous ces ardeurs se mettent en veilleuse quand il s'agit des besoins de la population et s'éteignent quand il s'agit des aides-soignants. Qui gouverne ? Vous ?

Mr Gérard REMIR Vice-président de l'UFAS."

 

 

 

Commentaires 

 
+3 #1 DALLIES 02-06-2016 15:57
Bonjour Mr REMIR ,

votre réponse est parfaite : tout est dit !!! bravo

Serge DALLIES
Délégué UFAS 32 :lol:
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