U.F.A.S - Union Française des Aides-Soignants

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L'UFAS interpelle le Président de la République

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L'Union française des Aides-soignants interpelle le

Président de la République

U F A S

UNION FRANCAISE DES AIDES-SOIGNANTS/ES

Monsieur Emmanuel MACRON

Président de la République

Palais de l'Elysée

55, Rue du Faubourg Saint Honoré

75 008 PARIS

 

Monsieur le Président,

Pendant votre campagne présidentielle, vous avez fait naître l'espoir de voir de nombreuses injustices disparaître, et autres, dans notre beau pays. C'est pourquoi nous nous permettons de vous écrire pour vous faire connaître la persistance des difficultés rencontrées par les aides-soignants.

Depuis 1994, date de sa création, l'Union Française des Aides-Soignants s'emploie à faire évoluer la profession pour qu'elle réponde aux besoins de la population et pour qu'elle soit revalorisée et reconnue.

Le professionnel le plus proche du patient, l'aide-soignant, exécute les soins de base nécessaires à l'entretien et à la continuité de la vie qui, jusqu'à ce jour, font partie du rôle propre infirmier. De ce fait, l'aide-soignant ne trouve pas véritablement sa place.

Beaucoup plus nombreux que les infirmiers au chevet des patients, plus de 400 000 en activité, les aides-soignants forment indiscutablement un groupe social important dans la chaîne de soins.

Cependant, dans les textes officiels qui encadrent la profession, l'exercice de l'aide-soignant se situe uniquement dans une collaboration au « rôle propre » de l'infirmier. Ceci entraîne l'aide-soignant dans une situation d'ambivalence, lui laissant penser faire ce que les autres délaissent, l'installant dans une position de subordination pénible au quotidien et le plaçant finalement dans un rapport de vassalité.

Alors que les besoins en soins augmentent de plus en plus avec le vieillissement de la population et la dépendance qui en découle, qu'une pénurie d'infirmiers ne fait que croître, il est impossible de répondre positivement aux besoins des patients sans que les aides-soignants outrepassent le cadre légal de leur champ de compétences.

C'est principalement le cas dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) où la présence d'infirmiers n'est pas permanente, notamment les samedis, dimanches et jours fériés ainsi que la nuit. Il en est de même pour les services de soins à domicile où, en dehors d'une prise en charge médicale lourde, l'intervention d'un infirmier n'est jamais journalière. Il est alors demandé aux aides-soignants d'effectuer de nombreux actes qui, au regard des textes législatifs, ne relèvent pas de leurs compétences et pour lesquels ils n'ont pas reçu de formation. Il en va notamment de l'instillation de collyres, de la pose de bandes de contention, de l'application de pommades, de patchs, de l'aide à la prise de certains médicaments qui ne peuvent être préparés à l'avance comme les gouttes, de l'aspiration endo-trachéale, des tests de glycémie et de bien d'autres... Tous ces actes entraînent donc les aides-soignants sous le coup de l'exercice illégal de la profession d'infirmier.

Depuis plus de vingt ans, à maintes reprises, nous avons interpellé les autorités de l'Etat et toute la classe politique sur le fait que la formation conduisant au diplôme d'aide-soignant était ina ppropriée pour répondre aux besoins en soins des personnes handicapées ou âgées dépendantes. Malheureusement, des réformes ont eu lieu sans que soit pris en compte cet état de fait. En 2015, une nouvelle réforme a été lancée. Les référentiels d'activités et de compétences sont, en principe, finalisés depuis mars 2017. Nous devions être contactés pour la partie concernant le référentiel de formation mais, depuis le mois de mars, nous n'avons aucune nouvelle !

Toutefois, au regard des échanges tumultueux avec les organisations professionnelles infirmiers, il est certain que rien, ou si peu, ne va changer dans la pratique soignante, notamment dans celle qui concerne les aides-soignants : la prise en charge des soins de base aux personnes malades ou en état de grande dépendance. Ceci est fort regrettable pour les patients, d'autant plus qu'ils ne comprennent pas où se situe la limite des compétences des aides-soignants.

Par ailleurs, il y a déjà quelques années, l'Union française des aides-soignants s'est penchée sur l'ambiguïté des pratiques et a réféchi sur le moyen d'y remédier. Un projet avait bien été établi. Ceprojet tendait à intégrer le métier d'aide-soignant dans la profession d'infirmier à plusieurs niveaux de compétences. Un cadre législatif approprié mettait un terme aux problèmes d'exercice illégal de l'aide-soignant ; et mettait fin à la situation irrégulière des responsables d'établissements donneurs d'ordre. De plus, ce cadre législatif apportait une réelle reconnaissance du métier dans le cadre d'un service cohérent pour une bonne prise en charge des soins à la population concernée. Le projet a été déposé au Ministèrede la Santé, remis à plusieurs reprises dans les services de la DHOS et de la DGS, puis en mai 1998, il a fait l'objet d'un envoi accompagné d'une lettre ouverte à tous les députés et les sénateurs de France, sans qu'il trouve le moindre écho...

Une proposition de loi N° 514 tendant à créer un statut libéral de l'aide-soignant a bien été présentée par le Député Etienne Pinte et enregistrée le 16 septembre 1993 à l'Assemblée Nationale. Une proposition semblable a été présentée par le Député Léonce Deprez le 4 novembre 2003 sous le N° 1195 et une autre similaire par le Député Alain Moyne-Bressand le 1er avril 2009 sous le N° 1559. Si ces propositions de loi n'ont pas non plus suscité l'intérêt du ministère de la santé, elles auraient pu nourrir les réfexions à l'occasion de la réforme du métier en cours. Mais en vain.

Nous regrettons profondément que toutes ces propositions, en premier lieu celle de l'Union française des aides-soignants, introduites dans les plus hautes instances de la République n'aient jamais été prises en considération. Ainsi, nous sommes convaincus que la profession d'aide-soignant, notre profession, est victime du conservatisme des lobbies infirmiers révélé par leur slogan « Touche pas à mon job » et que, par leur pouvoir acquis, ces lobbies entretiennent une position dominante et imposent l'immobilisme des services de l'Etat pour ce qui concerne la pratique soignante. Malheureusement, ces lobbies sont soutenus par les syndicats traditionnels, excepté la CFDT.

Depuis quelques temps, c'est un sentiment d'indifférence de l'Etat que les aides-soignants ressentent pour leur profession, mais également pour les conditions et la qualité de prise en charge de nos Anciens.

Aussi, Monsieur le Président, quelles mesures comptez-vous prendre pour faire reconnaître la profession d'aide-soignant à sa juste valeur et remédier aux conditions de vie déplorables de toutes ces personnes qui ont participé à ce que la France est aujourd'hui ?

Monsieur le Président, nous vous remercions par avance de l'intérêt que vous voudrez bien accorder à notre courrier et nous vous prions d'agréer l'expression de notre très haute considération.

Villons les Buissons, le 18 Janvier 2018

Thérèse PALLA

Présidente

Chevalier de l'Ordre National du Mérite

Gérard REMIR

Vice-président

* Lire partout : aide-soignant/aide-soignante infirmier/infirmière

Siège Social : 4, Rue des Genêts 14610 Villons les Buissons - Tél : 02 31 58 45 30 – Mèl : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

 

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