U.F.A.S - Union Française des Aides-Soignants

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Dans le calme de la nuit le silence troublé

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Depuis quelques années ce mouvement profond de silence troublé est presque quasi général, baignant chaque jour d’un instant à l’autre dans l’insupportable : un mélange confus de sons qu’est le bruit. Cependant, les patients ont besoin de calme et de sérénité....

Apporter le calme à quelqu’un est-ce une marque de respect ? Il est bien connu que l’impact du bruit sur la santé est bien réel. D’ailleurs, l’état consacre un budget important dans sa lutte et nombreuses entreprises multiplient leurs efforts en ce domaine.

Dans les services hospitaliers, la tranquillité de la personne entre dans la qualité des soins et bien évidemment tous les soignants sont susceptibles d’être concernés. Le " chahut " des visiteurs, les soignants s’y opposent ! Mais, respectent-ils eux-mêmes cette tranquillité ?

La surveillance du sommeil fait partie de l’exercice infirmier et doit conduire à la mise en oeuvre de moyens de lutte contre l’insomnie génératrice d’un mauvais état de santé. La nuit le patient, la personne âgée dépendante, veulent savoir qu’il y a quelqu’un qui répondra à leur appel en cas de besoin. Une présence limite l’angoisse, la douleur et même la peur qui engendrent ces insomnies.

Toutefois, les soignants ne sont pas toujours sensibles au respect du sommeil de la personne soignée. Trop souvent, le bruit dans les services fait que seule la somnolence a sa place. Elle s’en va quand la cadence des pas diminue et que se taisent les bruits de portes qui s’ouvrent et se referment, des robinets qui coulent, des seaux que l’on déplace, des raclettes qui gesticulent, ou encore des mono-brosses qui déambulent dans les offices, salles de soins, couloirs, halls publics etc. Ainsi, le sommeil des patients ne va que rarement dans ses profondeurs ; ceci est néfaste dans le processus de leur guérison et est incompatible avec la notion de soin en général.

Ne serait-il pas nécessaire de revoir l’organisation des tâches effectuées la nuit et principalement les tâches ménagères dans les locaux communs (salles de soins, salles à manger, bureaux, couloirs etc).

Si la qualité doit être bien ancrée dans le soin, la démarche humaine dans la modernité doit d’abord gagner les mentalités pour amorcer une attitude favorable afin de préserver, à tout prix, le repos du patient. En effet, ses journées sont longues et la faiblesse le gagne avec tous les soins qu’il subit : soins d’hygiène, examens médicaux, traitements thérapeutiques souvent lourds etc.. Ainsi, pour lui, la nuit doit être réparatrice.

En conclusion, ces mots : " Silence nos malades se reposent " ne devraient-ils pas faire partie de l’intérêt des Equipes soignantes, de l’intérêt d’un projet d’établissement ou tout simplement du respect de l’homme par l’homme lui-même, dans la société.

 

 

Gérard REMIR - Vice Président de l’ UFAS

Janvier 2002

Soutenu par le C.A.B. (COMITÉ NATIONAL D’ACTION CONTRE LE BRUIT)

 

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