U.F.A.S - Union Française des Aides-Soignants

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Un aide-soignant en Gériatrie devenu écrivain - Donner de la vie aux années…

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couverture acrepet

 

Parcours gérontologique d’un aide-soignant devenu écrivain 1980 à 2010 : André CREPET

 

J’ai été aide-soignant en gériatrie durant 20 ans dans un Centre Hospitalier Général. J’aurais pu suivre, comme certains de mes collègues, une routine rassurante, en attendant patiemment que l’heure de la retraite sonne.

Au contraire, j’ai choisi de sortir de l’ombre. Grâce à des formations continues, aidé par Anne-Marie, mon épouse également aide-soignante en gériatrie, j’ai su me motiver au service des personnes âgées en institution.

Tous deux, nous avons essayé de porter aux autres l’étincelle qui brillait en nous : la motivation et le souci d’une meilleure qualité de vie, d’un réel accompagnement jusqu’au bout, des personnes âgées.

Dès 1980, j’ai entrepris des recherches gérontologiques personnelles puis universitaires. Après plusieurs années, on m’a demandé si je n’étais pas fatigué d’être toujours avec des vieillards de plus en plus dépendants. « Mon secret, ai-je répondu, est le sens que je donne aux gestes et aux paroles répétés. Je regarde toujours la personne âgée dans toute sa dimension : son vécu passé expliquant son vécu actuel. »

Pour moi, l’aspect relationnel de ma profession est tout aussi important que les soins. Je reconnais que la dépendance croissante de la personne âgée, entraîne pour l’aide-soignante une charge de travail progressive au détriment de la durée de la relation.

En 1980, aide-soignant arrivant en unité médicalisée d’une maison de retraite, j’ai constaté que la qualité de vie, l’accompagnement de la personne âgée mourante, pouvaient être améliorés. J’ai alors débuté une recherche personnelle intitulée : « Vivre ou mourir. »

En 1986 et 1987, j’ai suivi une formation à l’université de Lyon pour préparer le DUGS (diplôme universitaire de gérontologie sociale). Ma recherche de deuxième année pour valider ce diplôme était intitulée : « Aider à mieux vivre la mort. » Elle comprenait 228 pages. J’ai interrogé les soignants de plusieurs équipes du centre hospitalier : gériatrie, médecine, chirurgie… sur leur vécu personnel face au mourant, sous la forme d’un questionnaire anonyme. Leurs réponses ont été un outil de travail pour mener à bien ma recherche sur l’accompagnement en fin de vie : le mourir, le mourant, la réalité de l’accompagnement sur le terrain… Dans cette recherche, j’ai analysé leurs réponses. J’ai constaté une certaine pudeur et un manque de motivation personnelle pour accompagner le malade en invoquant un manque de disponibilité.

En décembre 1988, cette thèse universitaire a remporté un trophée d’or au premier concours du service infirmier, organisé par EDIFORM, à Paris.

De plus, remaniée, elle est parue en livre de 141 pages, fin 1988, sous le même titre : « Aider à mieux vivre la mort » aux Editions de la Chronique Sociale à Lyon.

A la suite, accompagné de ma femme, nous avons été demandés par différentes institutions ou organismes, même hors de la France, pour des tables-rondes ou des conférences, sur l’accompagnement en fin de vie. Nous y avons apporté le témoignage de notre vécu avec la personne âgée mourante. Cette popularité a parfois dérangé certains cadres jaloux, en lisant des articles de presse, des revues… Cela nous a valu une certaine notoriété qui s’est accrue avec les recherches suivantes.

Cela ne m’a pas découragé. Au contraire, ma détermination, ma ténacité, n’ont fait qu’augmenter. Les personnes âgées me redonnaient du courage pour aller de l’avant sans me décourager.

En 1989-1991, me voilà, de nouveau à l’Université de Lyon 2, en Sciences Sociales, à mes frais, pour préparer le DHEPS (Diplôme des Hautes Etudes des Pratiques Sociales), suite logique du DUGS. En deux ans, j’ai préparé une thèse intitulée : « La relation au malade dans les conduites thérapeutiques. »

Le support de cette recherche a été une enquête menée auprès de 50 équipes soignantes, dans tout le département de la Loire, de différents services : médecine, chirurgie, gériatrie, réanimation, soins intensifs… L’objectif de cette recherche sur le terrain, en ayant contacté plus de 600 soignants de tout grade, était de faire naître chez tous les intervenants auprès du malade, un état d’esprit favorisant la meilleure relation possible, la plus bénéfique pour lui. Cette thèse est ensuite restée en sommeil plusieurs années.

Bien avant de prendre ma retraite, j’ai réfléchi sur la manière de laisser une trace de ma carrière en gériatrie, durant de nombreuses années. Cela s’est concrétisé par un écrit, une sorte de testament professionnel.

Aidé par Anne-Marie, mon épouse, également aide-soignante dans un autre service gériatrique de l’institution, nous avons fait un écrit passant en revue, le travail et les attitudes de l’aide-soignante en Maison de Retraite.

Dans ce guide pratique pour les aides-soignants, nous avons ajouté un supplément d’âme et de cœur. De nombreux chapitres, bien ciblés, ont abordé plusieurs sujets : accueil, relation à la personne âgée, écoute, problèmes relationnels, l’animation, la manutention… Remanié à plusieurs reprises, face aux exigences éditoriales durant de longs mois, cet écrit de 200 pages est paru en livre en 1998, sous le titre : « Aides-soignants en gériatrie. » aux Editions de la Chronique Sociale, à Lyon. Ce livre est un peu la « bible » de l’aide-soignant au service des personnes âgées.

A la suite, nous avons animé plusieurs tables-rondes dans des maisons de retraite, sur le thème du travail des aides-soignants. Ce livre est toujours disponible chez les auteurs avec une dédicace personnalisée ou chez l’éditeur.

Vue l’actualité thérapeutique en 2000-2001, j’ai remanié et actualisé, ma thèse universitaire du DHEPS sur la relation soignant-soigné. Je l’ai agrémenté d’exemples de mon vécu professionnel. J’ai analysé les réponses des soignants sur la relation au malade dans les conduites thérapeutiques. Cela a abouti à un troisième livre intitulé : « Améliorer les relations soignant- soigné. », paru en 2002, aux Editions Thélès, à Paris, en partie à mes frais.

Avec ce livre de 283 pages, j’ai voulu amener le soignant à lutter contre la routine, la passivité, à réfléchir sur son vécu et à ses attitudes envers le malade. Cet écrit laisse une grande place aux réponses des soignants contactés dans 50 équipes soignantes, à qui j’ai remis un questionnaire sur les différents comportements thérapeutiques. Un historique des conduites thérapeutiques est présenté avec les positions actuelles. La 2ème partie aborde la relation soignant-soigné qui est à double sens car chacun apporte à l’autre. Chaque membre de l’équipe soignante est amené à réfléchir à ce qu’il vit et à ses actions pour le malade qui est une personne à part entière et non une maladie ou un numéro de chambre. Ce livre veut être une source de réconfort pour le malade et un encouragement au soignant à privilégier la relation soignant-soigné dans le soin.

  • Ce livre est disponible chez l’auteur avec une dédicace personnalisée. Il est épuisé chez l’éditeur. –

Projet éditorial réalisé

Page de couverture

L’accroissement de la longévité de la vie est un phénomène mondial dans les pays industrialisés. La vieillesse entraîne diverses modifications, des handicaps. Avec ces années de vie en plus, comment les institutions gériatriques font-elles face ?

Depuis 2004, il avait fait le projet de faire un dernier écrit gérontologique venant compléter, affiner mes précédentes recherches personnelles ou universitaires. Mon ultime recherche est intitulée : « Soignants en gériatrie. » (Donner de la vie aux années)

Les fonctions d’André Crepet, l’ont amené à être proche des personnes âgées, à les écouter, à dialoguer, à être attentionné, à être « un aide fraternel », à les accompagner jusqu’au bout. Pour lui, la répétition des gestes et des paroles ont pris du sens, car il était motivé. Il a fait de son métier une réelle « vocation ».

Il ne se contente pas de décrire la vieillesse et ses comportements parfois pathologiques. Il aborde le vécu en institution pour déboucher sur des conseils pratiques aux soignants. Il n’hésite pas à aborder des sujets encore tabous comme la sexualité des personnes âgées, les maltraitances dont elles sont victimes, la mort, la souffrance des soignants, la maltraitance envers le personnel soignant.

Ce travail est un peu un survol gérontologique et même gériatrique des nombreux problèmes de la vieillesse. Divers thèmes bien ciblés sont abordés, dont certains sans tabou comme la sexualité, la maltraitance, la mort, l’euthanasie… Des réflexions, des conseils, des actions sont proposés aux soignants, agrémentés d’exemples vécus. Comment les institutions gériatriques, les équipes soignantes font-elles face à la prolongation de la vie ? Est-ce qu’elles procurent une meilleure qualité de vie à la personne âgée ? Cette recherche essaie de proposer un projet de vie adapté pour qu’elle puisse mieux vivre et non seulement survivre en attendant la fin, la mort.

L’auteur, fort de son expérience d’aide-soignant en maison de retraite, offre un témoignage complet, inédit, ainsi qu’un ensemble de réflexion sur la réalité de la vieillesse d’aujourd’hui. Il n’a pas choisi la routine, mais s’est motivé au service des personnes âgées en institution. Il a porté aux autres soignants l’étincelle qui brille en lui : souci d’une meilleure qualité de vie, motivation, accompagnement réel jusqu’à la fin. Malgré la charge de travail croissante, il a privilégié le relationnel.

Depuis 1980, il a mené à bien de nombreuses recherches gérontologiques personnelles et universitaires (DUGS, DHEPS), dont 3 ont été éditées : « Aider à mieux vivre la mort », en 1988, à la Chronique Sociale. « Aides-soignants en gériatrie », en 1998, à la Chronique Sociale. « Améliorer les relations soignant-soigné », en 2002, aux éditions Thélès à Paris. Sa première thèse « Aider à mieux vivre la mort », réalisé avec sa femme, également aide-soignante, a remporté un trophée d’or au premier concours du Service Infirmier à Paris, en 1998.

Avec son quatrième livre, André Crépet propose un véritable projet de vie aux personnes âgées, à destination des familles, des proches, des soignants, des acteurs du secteur paramédical, incluant conseils, préconisations et actions pour une meilleure qualité de vie et une meilleure compréhension.

Il propose que malgré les maladies, on peut aider la personne âgée à mieux vivre plutôt qu’a survivre. On est admiratif devant ce grand travail accompli par cet auteur gérontologique, par la qualité de la documentation réunie, la clarté du propos et la structuration claire et pédagogique de l’ouvrage.

L’auteur est également un bienfaiteur pour ses pairs. Grâce à sa notoriété gérontologique, il est intervenu au Ministère de la Santé durant plusieurs années, en complément des actions de l’UFAS (Union Française des aides-soignants, pour faire accélérer le processus qui a about au décret du Ministère de la Santé, du 31 août 2007, instituant un diplôme d’Etat (DEAS) pour les près de 400 000 aides-soignants.

En 1997, il a crée une association pour l’animation des personnes âgées d’un hôpital local. Il leur propose des activités préventives et adaptées. En 13 années l’association Soleil d’Automne, a réalisé de nombreux projets en faveur des résidents. Le dernier s’est réalisé en avril 2010, avec l’achat d’un minibus neuf très confortable, pour sortir les résidents de leur cadre habituel. En décembre 2010, il a procuré à l’hôpital local de St Just la Pendue, du matériel de pesage : plate forme de pesage et fauteuil roulant de pesage, grâce à la générosité de La Fondation de France.

Son vécu en gériatrie

 La relation à la personne âgée a été pour moi un soin réel. J’ai également aidé la famille à accompagner son parent dans les derniers jours de sa vie. Cet accompagnement de la famille, je l’ai même parfois continué après de décès.

J’ai essayé d’être, le plus possible, disponible et de ne pas soigner seulement avec mes gestes, mes paroles, mon regard, mon sourire, mais également avec mon cœur. J’ai reçu beaucoup en retour des personnes âgées, des familles…

Des collègues de travail ont été un peu envieux d’être moins bien appréciés que moi des personnes âgées. De même des cadres infirmiers ont été jaloux de mes écrits et de leur succès, de ma notoriété, de ma popularité, n’étant qu’un simple soignant de base.

J’ai essayé de dynamiser mes collègues soignants pour un meilleur service à la personne âgée. Cela n’a pas toujours été facile, en particulier avec les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Cependant, j’ai eu de grands moments de joie et de satisfaction au service des personnes âgées, souvent diminuées, mais riches de leur vécu, de leur expérience. J’ai insisté auprès des familles pour avoir une photo de son parent lorsqu’il était plus jeune, pour l’afficher au tableau installé dans la chambre. De même j’ai insisté auprès de la famille pour qu’elle apporte un petit meuble familier de la personne âgée, pour mettre un peu de personnel dans son environnement impersonnel : meubles…

Les nombreuses années passées auprès des personnes âgées malades ou en perte d’autonomie m’ont apporté du positif, des satisfactions, de l’estime des personnes âgées et de leur famille, de certains collègues.

Cependant, j’ai souffert de travailler avec certains collègues, parfois jeunes, blasés et qui ne respectaient pas toujours la pudeur de la personne âgée, la brusquant parfois, surtout par des paroles.

J’ai toujours essayé de répondre aux attentes des personnes âgées, sans pour autant trop les materner, en faisant tout à leur place.

Une attention, une aide, un sourire, une présence, une écoute, un accompagnement jusqu’au bout, un peu de tendresse au milieu de la tristesse du quotidien, une relation personnalisée, un réconfort moral, tout cela j’ai essayé de l’apporter à la personne âgée et d’y convier mes collègues.

J’ai essayé d’agir avec un certain état d’esprit, en essayant de donner du sens à mon travail, même parfois difficile, ingrat et routinier : gestes et paroles répétés… Ma motivation m’a aidé à donner du sens à mon travail d’aide-soignant.

Ce qui m’a aidé également, c’est un peu d’humour et un peu de philosophie, permettant de relativiser les difficultés, les divers tracas du travail en gériatrie, pas toujours facile. Comme dit la chanson : « non je ne regrette rien. »

Adhérent à l’UFAS (Union Française des Aides-soignants), j’ai appuyé, par de nombreux courriers aux plus hauts responsables de l’Etat, ses demandes de reconnaissance du rôle propre de l’aide-soignante. L’Etat, représenté par Mme la Ministre de la santé, a pour toute réponse accordé un diplôme d’Etat aux aides-soignants, par un arrêté du 31 août 2007. Mais, elle n’a pas encore accordé aux aides-soignants un rôle propre, pour les soins de base, d’hygiène qu’ils exécutent toujours sous la responsabilité de l’infirmière. Ces soins de base, continuent de faire partie du rôle propre de l’infirmière alors qu’en institution, elle ne fait pas ces soins. En libéral, les infirmiers tiennent à effectuer ces soins bien rémunérés. Donc ces soins, comme le demande l’UFAS, ne devraient plus faire partie du rôle propre de l’infirmière. Alors l’aide-soignant pourrait avoir un rôle propre et être responsable dans les soins d’hygiène, les soins de base qu’il exécute.

En réalité, cette reconnaissance des aides-soignants par un diplôme d’Etat n’est pas une avancée car ils ne sont pas mieux reconnus qu’avec le CAFAS ou le DPAS. Par contre, l’emploi d’AVS (auxiliaire de vie sociale) et d’AMP (auxiliaire médico-pédagogique) risque d’éliminer progressivement celui des aides-soignants. La profession d’auxiliaire de vie sociale, crée le 26 mars 2002, progresse. En effet, un arrêté du 4 juin 2007, relatif à cette profession et paru au Bulletin Officiel d’août, fait apparaître clairement la notion d’autonomie.

Le nouveau livre, le 4ème, est intitulé « Soignants en gériatrie » (Donner de la vie aux années). Il a été édité, le 9 septembre 2010, aux éditions de la chronique sociale à Lyon. Il est disponible en librairie, chez l’éditeur : Site ; www.chroniquesociale.com mais aussi, directement chez l’auteur avec une dédicace personnalisée contre 20 euros frais d’envoi compris. 

 

couverture acrepet

   
Coordonnées des auteurs :
 Anne-Marie et André CREPET « MAROILLES »
42540 SAINT-JUST-LA-PENDUE
Tél : 04.77.63.53.25 – E-mail : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

 

 

 

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