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L’hôpital: Un monde sans pitié

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  « Nous disons simplement, sereinement, avec une détermination absolue, cela suffit. »

 Le livre L’hôpital – Un monde sans pitié est encore un témoignage accablant, un de plus, pour le monde des soignants !... Plusieurs livres ont déjà été publiés ces dernières années sur les conditions inacceptables de prise en charge des personnes nécessitant des soins, notamment les personnes âgées et/ou handicapées dépendantes.

Tous ces livres étaient écrits jusque là par des soignants, voire des aides-soignants ; il s’avère que celui-ci, L’hôpital – Un monde sans pitié, est écrit par des représentants d’usagers, et usagers eux-mêmes, des services de soins.

Il est vrai que les personnes qui, du fait d’une maladie chronique, sont confrontées à des séjours répétés dans les services de soins, attendent - on peut le comprendre - une amélioration des relations soignants-soignés ; n’est-ce pas l’un des objectifs de la loi sur les droits des malades adoptée voilà plus de dix ans et dont tous les patients ont besoin * !...

Il ne faut pas oublier non plus que l’hôpital n’est pas la propriété exclusive des professionnels qui y exercent mais que, comme toutes les autres institutions de service public, il est la propriété de tous les citoyens.

Enfin, si l’image de nos services est une nouvelle fois ternie par la sortie de ce livre, il y a quand même des soignants qui s’efforcent d’exercer leur métier dans le respect de la dignité des personnes dont ils s’occupent et je leur rends hommage…

* Loi n° 2002-303 du 4 Mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé.

 

l’Éditeur

L’hôpital, un monde sans pitié

Claire Compagnon, Thomas Sannié

Un état des lieux, un cri d’effroi, des propositions


L’hôpital est capable du meilleur comme du pire, mais le pire est sans limite. Délaissés, abandonnés, méprisés, parfois moqués, humiliés et maltraités, les malades font les frais d’un système en panne, d’un personnel qui n’est pas toujours à la hauteur de la situation, loin s’en faut, ni présent là où on l’attend. Dix ans après l’adoption d’une loi sur le droit des malades, ceux-ci sont toujours victimes de l’inacceptable.

 

À la fois représentants des patients dans des établissements de santé, et eux-mêmes usagers, Claire Compagnon et Thomas Sannié sont bien placés pour savoir de quoi ils parlent. S’ils ont côtoyé l’excellence des soins, la bienveillance pour eux-mêmes et pour leurs proches, ils refusent pour autant de rester silencieux devant ce qu’ils voient aussi chaque jour depuis des années. L’erreur essentielle que les auteurs mettent en lumière est celle-ci : les médecins comme l’administration des hôpitaux considèrent les malades comme le problème et non comme la solution. Aussi aberrant que cela puisse paraître, les usagers des hôpitaux ne sont pas pris en compte dans la réflexion sur les hôpitaux. Pourtant, puisqu’il s’agit justement de l’hôpital, le malade devrait être le point départ et la fin de toutes les pensées et les actions. Mais la réalité est toute autre.

 

Passant en revue des conditions d’hospitalisation qui laissent le lecteur sans voix et les situations sordides qui se multiplient aux urgences, Claire Compagnon et Thomas Sannié, qui n’oublient pas le traitement infligé par les blouses blanches aux proches des malades (qui sait vraiment leur parler ? qui les considère ? qui les écoute et les informe ?), mettent en avant une seconde erreur, séculière, dans la définition même de l’hôpital ou la représentation que s’en font les professionnels des hôpitaux : l’hôpital a été inventé pour secourir les démunis, les couches dites inférieures de la société.

En cela l’hôpital affirme la volonté des pouvoirs politiques et médicaux de juguler le « désordre » entraîné par les maladies des plus pauvres. La corporation médicale incarne donc, dès lors, la discipline et l’autorité sur le malade : elle ne doit alors rien au malade.

 

Le traitement lamentable dont souffrent, en plus de leur maladie, les patients ne tient pas seulement à un manque de personnel, mais à une organisation du personnel, à un manque d’humanité des professionnels et un manque d’âme et de chaleur des locaux où la vie des malades se déroule. Tout est fait pour ajouter du malheur à la peine : indifférence généralisée dans des halls vétustes, des chambres qui ne sont pas nettoyées, des draps pas changés, attente interminable et souffrance dans la solitude, parfois nudité, tout cela dans les odeurs d’urine, de vomi, et sous le regard étranger des autres malades et de leurs proches.

 

Les auteurs proposent et détaillent plusieurs remèdes urgents à cette situation intenable : transformer les urgences, l’accueil, et créer un accompagnement, faire participer les usagers à la vie de l’hôpital, réorganiser le fonctionnement collectif des professionnels, changer le regard des futurs médecins sur les malades, soutenir et aider les équipes médicales, enfin limiter le dépassement d’honoraires qui révèle à la fois un manque d’information, de communication et de considération des malades. Un seul mot d’ordre : faire émerger un concept inéluctable : « patient ressource, patient expert ».

 

Si cet ouvrage courageux est pris en compte dans les politiques de santé publique, si sa lecture permet de toucher les professionnels des hôpitaux, alors la société française aura avancé d’un grand pas vers plus d’humanité.

 

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